Le Monde (06/05/2008) - Le retour du scooter électrique après dix ans d'absence Imprimer

Le scooter électrique est de retour et ce n'est pas trop tôt. Il y a plus de dix ans - c'était en 1996 - Peugeot lançait le Scoot'élec, un joli petit engin qui connut une modeste carrière (6 000 exemplaires) mais dont la production fut interrompue à cause des difficultés de recyclage de ses batteries nickel cadmium.

Depuis, plus rien, hormis peut-être le e-Solex, deux-roues fort plaisant mais dont les performances sont en deçà de celles d'un scooter. La relève, heureusement, paraît assurée, notamment par le Kosmob, un cyclomoteur électrique qui annonce un prix de vente modéré (1 150 euros), un gros scooter électrique britannique dénommé Vectrix et le E-max diffusé en France par l'importateur Sweet'elec.

Extérieurement, le E-max 110S se plie aux canons du design moderne (allure ramassée, surfaces travaillées, paire de tout petits phares à l'avant, selle largement dimensionnée et roues de 13 pouces) mais son châssis, conçu en Italie, a été spécialement dessiné pour héberger dans sa partie basse les 91 kg de batteries plomb silicone. Autant dire qu'il est sérieusement lesté.

Bien que limité à 45 km/h et bien plus lourd (70 kg, environ) qu'un modèle classique de 49,9 cm3, le E-max démarre d'un bond dès que l'on tourne la poignée. Niché dans la roue arrière, son moteur de conception allemande développe 4 kWatts mais un petit bouton situé sur le guidon peut déclencher un "booster" qui offre, sur une courte période, un surcroît d'accélération pour démarrer plus vite que le bus au feu vert ou hâter un dépassement.

EXERCICE PLUTÔT AGRÉABLE

Glisser dans le silence absolu - seuls les sifflements aérodynamiques de la visière du casque se font entendre - sans ressentir la moindre vibration présente de prime abord quelque chose de déroutant mais se transforme vite en un exercice plutôt agréable. Les accélérations, parfaitement linéaires, s'effectuent en souplesse, sans à-coups. Un peu sèchement suspendu (pas facile d'assurer le confort d'un petit engin pesant pas loin de 200 kg) mais pourvu d'efficaces freins à disque, ce scooter électrique dispose d'une autonomie théorique de 70 kilomètres. En pratique, nous avons dû recharger les batteries au bout d'une cinquantaine de kilomètres parcourus en ville. Dommage que l'indicateur de charge du tableau de bord soit à la fois imprécis et peu lisible.

Fabriqué en Chine, le E-max 110S, facturé 3 490 euros, soit quelque 1 500 euros de plus qu'un modèle de 49,9 cm3 de bonne facture, ne consomme que l'équivalent de 0,50 euro d'électricité aux 100 kilomètres, assure le constructeur. Il bénéficie de la prime à l'achat de 400 euros versée par l'Ademe à laquelle s'ajoutera, à Paris, un autre bonus de 400 euros promis par la mairie. Fin 2008, une variante plus légère grâce à ses batteries lithium-ion et offrant une meilleure autonomie (environ 80 kilomètres) sera lancée au prix de 4 500 euros. Enfin, une version délivrant des performances proches de celles d'un scooter 125 cm3 est annoncée pour le dernier trimestre. Dans les douze prochains mois, les promoteurs de l'E-max comptent convaincre un millier de clients d'enfourcher leur scooter électrique.


Sur Internet : www.e-max.fr.
Jean-Michel Normand